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Métier : journaliste reporter d’images

Le reportage télé : grand gagnant du petit écran !

On aurait tendance à le faire passer pour un format « has been » mais pourtant il génère à lui seul plus d’un tiers des programmes diffusés : le reportage télévisuel est plus que jamais d’actualité. Depuis les débuts de la télévision, les émissions de reportages constituent un type de programme majeur. A l’intérieur de journaux télévisés ou dans des programmes entièrement dédiés, de courte durée ou long de 52 minutes, le reportage a acquis ses lettres de noblesse. Grâce aux nouvelles technologies qui ont modifié et certainement facilité les conditions de travail des journalistes, les reportages demeurent prisés des téléspectateurs. Découvrez le métier de journaliste reporter.

Les émissions de reportage constituent la vitrine des chaînes de télévision du monde entier.
Depuis plusieurs années, l’essor en France de la TNT et de l’internet par la télévision a favorisé la diversification des chaînes d’information continue, le renforcement éditorial des chaînes locales et la multiplication des web TV et des magazines en ligne. Dans ce contexte, les opportunités professionnelles pour les journalistes, les cameramen ou les monteurs se sont accrues, aussi bien à Paris qu’en région.

Journaliste reporter d’images

Sur cette lancée, le métier de JRI (journaliste reporter d’images) gagne aussi du terrain. Détenteur d’une carte professionnelle (carte de presse), délivrée par la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels (CCIJP) après trois mois d’exercice rétribués dans un médium. Elle est renouvelée tous les ans. 

Réaliser un reportage demande donc un savoir-faire particulier que le JRI accomplit avec plus ou moins de matériel, plus ou moins de temps, plus ou moins de salaire. Dans cet univers – parfois impitoyable – de la télévision, le métier de JRI est bel et bien pourvoyeur d’emplo. Le métier s’inscrit dans un paysage médiatique en pleine mutation, dans lequel le support audiovisuel a pris une place prédominante en même temps qu’il s’est banalisé. De plus, face au flux d’information constant reçu par le public, que l’on a baptisé « l’infobésité » le journaliste se doit de savoir sélectionner et capter l’essentiel du message qu’il veut transmettre. Ses techniques de collecte, tri et vérification des données recueillies en sont modifiées (bookmarks, réseaux sociaux, crowdsourcing …). Un travail d’autant plus exigeant que parfois même les journalistes eux-mêmes se font prendre au jeu de l’intox en relayant ceque l’on appelle des « fake news ».
Infographie : barbeypedagogie.fr

 

La carrière

Un JRI peut travailler pour une chaîne de télévision, une société de production, mais on commence souvent par des piges et des CDD pour différents prestataires. En permanence sur le terrain, caméra à l’épaule, qu’il s’agisse de tourner un petit sujet ponctuel ou un reportage magazine de longue durée. Sa première mission est d’enquêter afin d’en savoir le plus possible sur le sujet qu’il s’apprête à tourner. Sur le terrain, sa mission dépend de l’importance de son équipe. S’il est seul, il devra tout faire : interviewer les protagonistes, saisir les scènes les plus fortes, faire le tri des images, et monter son sujet, rédiger son commentaire et mixer le tout.

Dans le même temps, le développement des technologies numériques a permis de rendre plus accessibles les outils de production du news. Cela par conséquent a permis la réduction de la taille des équipes. Du coup, le journaliste reporter doit à présent être le plus autonome possible et savoir assurer seul (ou presque) prise de vues, prise de son, montage et mixage. Polyvalent, il doit donc avoir acquis de solides bases professionnelles (techniques, rédactionnelles…) et être parfaitement familiarisé aux nouveaux outils numériques.

Préparation d’un reportage télévisuel

Voici par étapes la façon dont se prépare un reportage télévisuel :

 Sélection et préparation des sujets

  • Participer aux conférences de rédaction et prendre connaissance des sujets à traiter.
  • Assurer une veille de l’information sur différents canaux (presse, réseaux sociaux, sources, …).
  • Proposer à la rédaction des sujets à investiguer.
  • Mener un travail d’enquête sur le sujet choisi.
  • Échanger avec le rédacteur en chef et/ou le reporteur-rédacteur sur le traitement du sujet à couvrir.
  • Monter un projet de tournage et le valider avec la hiérarchie.
  • Prendre les contacts nécessaires à la réalisation du reportage.
  • Fixer les RDV de tournage et caler les interviews.
  • Préparer les déplacements sur le plan logistique et s’assurer du bon fonctionnement de l’unité de tournage (image, lumière et son).

Tournage et réalisation du reportage sur le terrain

  • Se rendre sur le terrain sur lequel le reportage s’opère et l’étudier d’un point de vue technique (lumière, bruit, flux, etc.).
  • Sélectionner un espace significatif sur lequel réaliser les prises de vue et déterminer un angle pertinent.
  • Rencontrer les contacts nécessaires à la réalisation du reportage.
  • Recueillir les informations et mener les interviews préparés en amont et/ou spontanés, avec ou sans reporter-rédacteur à ses côtés.
  • Enregistrer parallèlement les images et le son à l’aide du matériel approprié, en collaboration avec l’équipe preneur de son/caméraman le cas échéant.
  • S’assurer de la qualité de l’image, de la lumière et du son en direct en cours de reportage.
  • Tourner des images et plans d’illustration.
  • Se charger du commentaire sur image directement pendant le tournage le cas échéant.

Montage et suivi des reportages définitifs

  • Restituer les images tournées sous un format approprié à leur montage.
  • Évaluer les séquences, mesurer leur importance et sélectionner les plans à garder ou couper.
  • Monter et/ou suivre le montage et le mixage des images.
  • Rédiger un commentaire adapté à la durée et au montage prévu des images pour donner une cohérence globale au reportage.
  • Réaliser ou suivre le montage final de l’image et du son.

Procédés techniques dans le travail d’un journaliste reporter

Des procédés techniques qui doivent coller au propos. Un propos que l’on choisit en fonction du type de reportage qu’il est d’usage de décliner en cinq catégories :

  1. La description de faits : c’est un reportage sur le déroulement d’un événement. Il intégre tour à tour des interviews de témoins et des explications de spécialistes. L’élément central de ce type de reportage est l’histoire de l’événement. (Exemple : Musiciens et médecins évoquent le bienfait de la musique sur le cerveau).
  2. Le témoignage : c’est un récit d’événement fait par ceux qui y ont participé ou qui les ont vus. Cela peut également s’appuyer sur des opinions exprimées comme le micro-trottoir. L’élément central de ce type de reportage est : le propos des témoins. (Exemple : les festivaliers d’un événement musical racontent leur expérience).
  3. Les portraits : c’est un reportage sur une personne ou un groupe qui décrit ses activités, ses opinions, ses sentiments… L’élément central de ce type de reportage est celui ou celle qui est interviewé. (Exemple : interview d’une maraîchère bio au cœur de ses terres).
  4. Les analyses : c’est un récit destiné à donner une explication illustrée par des images et des interviews sur un événement en cours. L’élément central de ce type de reportage est le raisonnement intellectuel. 
  5. Les éditoriaux : ces reportages sont des analyses illustrées en image et en interview. Le journaliste adopte une prise de position et émet un jugement de valeur pour expliquer un événement. L’élément central de ce type de reportage est l’avis émis par le journaliste au travers des propos diffusés.

Un métier, plusieurs casquettes

Il y a encore quelques années, le journaliste reporter d’images n’existait pas. L’équipe qui partait en reportage se composait souvent de quatre personnes, toutes indispensables dans la chaîne d’information :

  • le rédacteur,
  • le cameraman,
  • le preneur de son
  • et le monteur.

Les moyens techniques évoluant à grande vitesse. Ainsi, les rédactions ont vite mis dans la main du rédacteur, une caméra, de quoi prendre du son et enfin monter son reportage. Avec la démocratisation de cette pratique, le métier de journaliste reporter d’images était né.

Aussi, avec l’accroissement de l’exigence de réactivité et du volume d’informations à traiter, les rédactions ne sont plus toujours en capacité de faire appel à plusieurs professionnels sur un même reportage. En conséquence, les missions du JRI tendent à s’élargir, de la proposition de l’angle de traitement du sujet jusqu’à la livraison du prêt-à-diffuser (PAD). Parallèlement, l’explosion du marché des médias numériques a conduit à une recherche de spécialisation de la part des journalistes, que ce soit dans le type d’investigation (vidéo, photo, enquête, data journalisme, etc.), dans le domaine d’information traitée (actualité ciblée, finance, jeux, professionnel, etc.) ou dans la cible de publics (femmes, jeunes actifs, retraités, agriculteurs, etc.).

Comment ça marche au quotidien ?

Concrètement comme cela se traduit-il au quotidien ?

Petites structures

Au sein d’une petite structure médiatique, comme une chaîne locale ou web TV, le périmètre des tâches couvertes par le JRI s’élargit et il gère autant la forme que le fond. Exerçant à la fois les activités du reporteur-rédacteur et celles du JRI, il

  • prépare son reportage,
  • se déplace seul sur le terrain,
  • réalise dans le même temps les prises de vues et l’interview
  • et, dans certains cas, effectue le montage et le mixage des images et du son.

S’il prend en charge ces trois étapes (réalisation, rédaction et montage), il est dit pluri-qualifié. C’est le même cas lorsque le journaliste reporter d’images appartient à un média diffusé sur plusieurs canaux (application mobile, réseaux sociaux, …), ce qui est de plus en plus souvent le cas, ses compétences tendent à se diversifier. Il pourra ainsi

  • rédiger des articles,
  • publier des contenus,
  • gérer une banque d’images et de vidéos,
  • animer les espaces numériques (réseaux sociaux, blogs, etc.).

Ses rythmes de travail sont dépendants du support et du type de médium investi (contenu Web, magazine d’investigation, reportage photo, etc.). Il doit donc se montrer particulièrement adaptable pour être un vrai « journaliste multimédia ».

Grandes structures

Dans des structures de plus grande ampleur, telles que les chaînes de télévision généralistes, le journaliste reporter d’images peut se déplacer sur le terrain accompagné d’un reporter-rédacteur et/ou d’une équipe preneur de son/caméraman. Son rôle consiste alors à

  • coopérer pour les prises de vues et de son,
  • les cadrer et s’assurer de leur qualité,
  • avant de les livrer enfin au monteur.

Le reporter-rédacteur oriente quant à lui le tournage du reportage, mène les interviews et écrit le commentaire associé.
Dans tous les cas, le JRI est hiérarchiquement rattaché au rédacteur en chef ou au directeur de la publication.

 

 

Source : Terkane

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ERIC GORON : Réalisateur - DP - Monteur - Formateur - Télépilote Drone (DGAC)

Formé à l’ESRA comme Cameraman – Monteur, Eric Goron travaille depuis 2005 pour de nombreux prestataires dans le monde du sport automobile, du football, de la télévision et dans d’autres domaines comme l’événementiel et l’institutionnel. Formateur certifié Apple Final Cut Pro X, Davinci Resolve, Arri Academy user caméra et télé-pilote de drone, il intervient dans plusieurs centres et écoles en France.
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